Timothée Semelin : l'Asie, terre de marketing et de NFT

Ghizlene Taleb, April 11, 20228 min
EmploiPromo 2002

Timothée Semelin ou le destin asiatique. LMYR, Linkedin puis Rosewood Hotel Group, il a assuré le développement marketing des marques. Aujourd'hui, séduit par les NFT, il se lance à son compte avec WEBTROIS. Retour sur expérience.

Bonjour Timothée. Quelles classes avez-vous fréquentées à Saint-Stan’ ? 

Je suis arrivé à Saint-Stan’ en classe de quatrième et y suis resté jusqu'à la terminale. J’ai fréquenté l’internat depuis le début et jusqu’à ma classe de première. Pour ma spécialisation, j’ai choisi de suivre un parcours Économie et Social.

Quels sont les événements marquants de vos années Saint-Stan’ ?

L'année 2000 a non seulement été une marquante pour mon parcours scolaire à St-Stan mais a aussi impacté ma vie personnelle. En effet, j’ai eu la chance de faire partie de l'échange avec Jacksonville en Floride en 2000 et, peu de temps après, nous partions en échange à Taïwan pendant un mois. J’ai vécu deux expériences extraordinaires avec des élèves et des professeurs géniaux ! C’est après cette année charnière que j’ai décidé que mon parcours serait nécessairement international.

Quelle école avez-vous intégrée après avoir obtenu votre baccalauréat ES et quel cursus avez-vous suivi ?

Sans grande envie de faire une classe prépa, je me suis penché sur les écoles de commerce post-bac. J’ai été séduit par le CESEM qui propose un cursus franco-chinois. En l’intégrant via concours, je savais déjà que j’allais passer deux années à Reims et trois à Beijing pour finir mes études, ce qui s'inscrivait totalement dans mes souhaits.

D’où est né votre attrait pour la Chine et pour l’Asie plus globalement ?

Coup de bol ! Je me souviens encore de ma rencontre avec Monsieur Pervenche lors de ma visite de l’établissement avec ma mère avant de l'intégrer : il nous informait que le chinois allait être proposé en LV2 à partir de ma rentrée. Voulant souvent faire des choses uniques et, avec l’appui de mes parents, j’ai choisi cet enseignement. Or, en arrivant en quatrième (je m’en souviens encore), nous n'étions que trois à suivre les cours de chinois avec Monsieur Baron. C'était comme des cours privés et j’ai vraiment adoré ! 

Un peu plus tard, le voyage à Taïwan et le CESEM ont confirmé cette passion pour la langue et aussi pour l’Asie.

Lors de vos études supérieures, vous avez effectué un stage chez LM Y&R. Qu’avez-vous appris de ce premier contact direct avec le monde du marketing ?

Mes classes de marketing au CESEM étaient toujours mes classes préférées : j'appréciais de réfléchir à l’innovation, à la psychologie des consommateurs et aux manières de raconter les histoires des produits et des marques. Au cours de mon stage, j’effectuais des recherches terrain et j'ai participé à des brainstorming avec les équipes créatives. Ces missions étaient très enrichissantes. Vingt ans après, je suis toujours en contact avec le pôle management de LMYR et je suis ravi qu’ils se chargent de toute la communication de mon île natale, Noirmoutier.

Vous êtes parti à Pékin pour votre stage de fin d’études chez Société Générale et vous y êtes resté. Quels facteurs ont motivé ce choix ?

Quand j’ai fait mon stage de fin d'études, j'étais déjà à Beijing depuis deux ans et demi dans le cadre de mes études au CESEM. J’étais président du BDE de l'époque à Beijing et le CEO de la Société Générale, Marc Poirier, était un grand supporter du programme. Il est devenu un mentor pendant ces trois années en Chine et, quand l’occasion s’est présentée de travailler à ses côtés, l’opportunité a été immédiatement saisie.

Ensuite, vous avez passé plusieurs années chez JCDecaux. Quelle a été votre évolution professionnelle au sein de ce géant de l’affichage publicitaire ?

Malgré une super expérience en stage puis en VIE à la Société Générale, le marketing me manquait et JCDecaux menait un très beau projet à l'aéroport de Pékin. Mon rôle était de convaincre les marques de luxe et les grandes entreprises (banques par exemple) de s'afficher à cet emplacement. C'était aussi le grand boom du voyage vers la Chine, juste après les JO de Beijing en 2008. Là encore, mon chef de l'époque, Arnaud Redon, était un mentor et est devenu aujourd’hui un grand ami puisque nous vivons tous les deux à Hong Kong depuis quelques années. 

Depuis 2019, vous êtes à la tête du service marketing d’un groupe hôtelier international, à Hong Kong : Rosewood Hotel Group. Comment s’est présentée cette opportunité ?

Après dix ans de vie à Pékin, j’avais envie de me “tester” à l'international avec un rôle qui allait au-delà de la Chine continentale. J’ai donc commencé à chercher des opportunités dans des villes comme Hong Kong et Singapour. C’est en 2014 que j’ai trouvé un poste chez LinkedIn (que j’ai adoré) et qui m’a permis d’aller encore plus loin dans l’apprentissage du marketing, tout en travaillant avec de grandes marques. J’ai eu la chance de voyager à travers le monde avec LinkedIn, de Séoul à Las Vegas, en passant par Paris. C’est aussi là que j’ai saisi les bases du monde de la tech et du digital. Après trois ans, Rosewood Hotel Group, dont le siège est à Hong Kong, m’a contacté (via LinkedIn évidemment) et la discussion m’a encouragé à sauter le pas et passer du côté marque pour la première fois. 

Quels sont les points phares de votre activité au sein du groupe hôtelier ? 

C’est un poste ou j’ai beaucoup voyagé, beaucoup construit (e-commerce, Wechat,

en interne et en externe pour les clients …) et aussi beaucoup appris puisque 2020 et 2021 ont été les années les plus difficiles de ma carrière (comme beaucoup j’imagine). Notre équipe au siège du groupe Rosewood a fait de son mieux pour aider les employés des différents hôtels à travers le monde. Nous avons notamment travaillé sur une nouvelle plateforme e-commerce que nous voulions lancer à la reprise des voyages. Nous avons d’ailleurs réussi ce pari et, une fois le monde remis en marche, j’ai décidé, cette année, qu’il était temps pour moi de mener une nouvelle aventure, cette fois-ci à mon compte.

Vous venez tout juste de lancer votre propre agence WEBTROIS. Comment s’est présentée ce changement de l'hôtellerie au Web 3.0 ? 

Ces huit derniers mois je suis tombé dans le monde des NFT, du Web 3.0 et de la metaverse. Ce qui était un passe temps est devenu une passion et, aujourd’hui, un business.

Quelles sont vos missions et vos tâches et quelles compétences mettez-vous en œuvre pour les mener à bien ?

Toute la journée, je règle des problèmes haha. 

Ce qui m’aide vraiment le plus dans mon métier, ce sont mes capacités de communication : comment trouver l’alignement entre entreprises, départements et collègues au sein des mêmes équipes. Je n’arrête jamais d’apprendre et de me renseigner sur les nouvelles technologies et les nouvelles manières de faire du marketing et j’adore ça. 

Aujourd’hui, à trente-huit ans, j’essaie de rester au goût du jour mais je commence aussi à avoir beaucoup d'expérience dans la gestion d'équipes et dans la réflexion stratégique au service des entreprises. De plus, vu tous les changements de directions que j’ai réalisés lors de ma carrière, je suis assez polyvalent. 

Avec mon agence, j’ambitionne d’embaucher des équipes pour pouvoir réaliser des projets de A à Z tout en mettant l’accent sur une culture startup et tech où travailler, c’est aussi créer, imaginer et passer des bons moments entre collègues. 

Quelles perspectives ouvrent les NFT pour les entreprises ? 

Le NFT et le Web 3.0 en général vont vraiment créer de nombreuses opportunités, qu'elles soient en innovation produit, en innovation marketing, en gestion de la relation client et encore dans bien d’autres applications.

Nous sommes encore dans la phase naissante de toutes ces applications et c’est un peu le far west pour être honnête. L’agence WEBTROIS que je viens de créer s’ancre exactement dans cette optique d’aider les grandes marques à naviguer dans ce nouvel écosystème. Je propose des formations, je crée des concepts avec des marques, je gère des projets NFT personnellement et tout va à cent à l’heure. Après dix-huit années passées à travailler pour de grandes marques en interne, j’ai une bonne compréhension des besoins et aussi des complexités pour faire avancer les choses. C’est cela que je souhaite exploiter à travers mon entreprise.

Quels sont vos challenges et vos motivations ?

Si vous regardez un peu mon parcours, je change tous les trois-quatre ans de challenge ; pas que je me lasse vite mais je suis toujours arrivé dans des entreprises à un stade très précoce. Ce qui me passionne, c’est vraiment la création, arriver sur des projets nouveaux ou immatures et tous les jours trouver des solutions innovantes pour construire, aller plus vite tout en aidant les équipes autour de moi à grandir. Avec mes capacités linguistiques et mon réseau en Asie, j’adore être un pont entre les cultures, les entreprises et les personnes tout simplement. Je pense que je vais rester dans cette partie du monde pendant encore un bon moment.

Le mot de la fin : L’Amicale peut-elle relayer ou diffuser un besoin ou un message ?

Déjà, merci à l’Amicale de m'offrir l'opportunité de partager mon parcours. J'espère que, peut-être, certains de mes professeurs de l'époque se souviendront de moi à travers cet article et se diront “tiens il est allé en Chine Timothée !” Puis, pour tous les anciens élèves qui me connaissent ou me reconnaissent, un grand bonjour à tous. 

L'arrivée du chinois et de Monsieur Baron à Saint-Stan’ m’ont mis sur les rails d’un parcours de vie international, que l’on n’aurait jamais imaginé étant originaire de l’ile de Noirmoutier. Rien n’est impossible.

 

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