L'expertise comptable avec Corentin Monvoisin

Ghizlene Taleb, August 22, 20228 min
EmploiPromo 1998

Être au service des entreprises c'est maîtriser les éléments de base pour conseiller, accompagner, assurer. L'économie, le droit et la gestion s'imposent comme les fondamentaux d'une solution adaptée. Corentin Monvoisin en a fait son métier avec Ker Pro. Portrait.

Bonjour Corentin. Quelles classes avez-vous fréquentées à Saint-Stan’ ? 

Bonjour Ghizlene. J’ai fait l’ensemble de mon parcours de la Sixième à la terminale (SES) à St-Stanislas.

Quels sont les plus beaux souvenirs de vos années lycée ?

Question pas évidente car les souvenirs se bousculent. J’ai surtout souvenir de bons moments partagés avec des camarades de classe comme Cyril LOCHEN, Thierry MORGAND. 

Plus qu’au Lycée, c’est sans doute au collège que j’ai le plus de souvenir : du voyage d’étude en Histoire à Paris en Cinquième, à l’échange avec l’Allemagne en Troisième en passant par le voyage à Londres en Quatrième, nous étions gâtés par les possibilités de découvertes. Nous avons aussi bénéficié d’un enseignement de qualité de la part de nos professeurs (je pense notamment à Mme de Beauregard en histoire, le couple Bourasseau en mathématiques, Mmes Bouhier et Aumenier en anglais, M Honoré en français, M Le Poivre en EPS... et j’en oublie.

Quelles études supérieures avez-vous suivies après avoir obtenu votre baccalauréat ES ?

J’étais attiré par deux grands domaines : la gestion et le droit. Je me suis orienté vers les études d’expertise comptable qui allient les deux dans une approche pratique.

Ces études ont aussi l’avantage d’être réalisées dans des écoles. Cela correspondait mieux à mes attentes. J’ai suivi quelques cours en deuxième année de Sciences éco en parallèle.

Comment pouvez-vous décrire le domaine de la gestion/finance/économie/droit ?

C’est un domaine vaste et complet. Il permet d’appréhender l’entreprise dans son ensemble.

Par ailleurs, j’aime dire que le comptable est un peu l'historien de l’entreprise : en effet chaque action : création de société, investissements, achat, vente… est enregistrée dans les comptes.

La gestion-finance permet d'aider le responsable de l’entreprise dans ses prises de décisions (rentabilité, choix des produits, retour sur investissement...). Il participe aux décisions stratégiques de l’entreprise en apportant un éclairage complémentaire.

Le droit permet de sécuriser les relations de l’entreprise (achats, ventes, contrats de travail, relations avec l’administration).

La combinaison des deux sert aussi lors des négociations d’opérations d’acquisition ou cession d’entreprise.

Vous avez ensuite réalisé une maîtrise en droit international des affaires, du commerce et fiscal. Quelles étaient vos attentes par rapport à cette formation ?

Comme je le disais, après le bac, j'hésitais entre le droit et la gestion. Cependant, je ne me voyais pas à l’université. Mon DESCF (désormais DSCG) en poche, j’ai présenté des dossiers pour intégrer une maîtrise de droit des affaires. Mon objectif était de compléter ma formation juridique et d’y apporter une autre approche. Ce fut une année enrichissante à l’université de Bordeaux, notamment en histoire du droit.

Quelles bases avez-vous acquises à l’université de Bordeaux Montesquieu et comment les avez-vous mises en application ?

La principale acquisition reste le raisonnement juridique, la méthode et la culture générale juridique. Une ouverture vers des domaines complémentaires (Droit International Privé, Droit maritime, Droit bancaire). Ce sont des domaines de spécialistes. J’utilise peu ces matières directement. Cela permet surtout de se poser des questions et se faire accompagner si nécessaire dans l’intérêt de l’entreprise.

Quel a été le premier poste occupé dans votre carrière ? Quels étaient vos objectifs ?

Femme de ménage et monteur en pneumatiques à quinze ans avec pour objectif de gagner l’argent nécessaire à l’achat d’une mobylette ! Ces expériences ont été très formatrices et utiles.

Après mes études, le diplôme d’expertise comptable nécessite trois ans de stage en cabinet. Donc l’objectif était de finaliser ma formation, d’apprendre le métier sur le terrain et d’obtenir le précieux sésame : le D.E.C. J’ai trouvé un poste à Paris au cabinet DAUGE et Associés, structure familiale d’une vingtaine de personnes. J’en profite pour remercier tout particulièrement Jean-Paul BRIAND et Fabien POURBAIX qui m’ont accompagné dans l’apprentissage du métier.

Comment avez-vous évolué professionnellement ensuite ?

Après trois ans à Paris, je souhaitais revenir en Bretagne. Par ailleurs, je ne voyais pas comment continuer à progresser au cabinet DAUGE. J’ai saisi l’opportunité d’une offre chez HLP AUDIT à Nantes pour franchir une étape et revenir en Bretagne. J’y ai gagné en responsabilités, appris encore. J’ai également fini mon stage d’expertise-comptable et obtenu mon diplôme après la rédaction de mon mémoire sur l’audit des stocks dans la viticulture.

Comment avez-vous intégré KerPro et quelles sont les lignes directrices de cette entreprise ?

J’ai la chance d’être issu d’une famille d’entrepreneurs. Nos grands-parents ont créé leur entreprise : la Sonamia en 1962. J’ai grandi dans cet environnement, mon père Thierry MONVOISIN ayant assuré la direction générale pendant près de vingt-cinq ans avant de passer la main à l’un de ses frères. Dans le même temps nous avons toujours été libre de faire ce que nous souhaitions. Si nous avons pu bénéficier d’informations et formation (comme une tournée commerciale avec notre grand-père quand nous avions douze ans), nous n’avons pas été poussé à aller dans l’entreprise.

En 2010, je suis à nouveau en réflexion sur ma carrière. Pour continuer à progresser, je ressens la nécessité de relever un nouveau défi. J’ai une proposition ferme de responsable pôle audit dans un cabinet régional avec la possibilité de s’associer à terme. C’est là que je suis informé que la responsable comptable de l’entreprise part. Après réflexion et échanges, je saisis cette opportunité pour rejoindre l’aventure de l’entreprise familiale. Un vrai défi !

Ker Pro est une société indépendante dont le but est d’apporter les meilleures solutions aux besoins de ses clients Pour ce faire, elle s’appuie sur des équipes professionnelles.

Ker pro est une fédération de PME qui intervient dans différents secteurs : 

  • Industriel avec MONROC : conception et fabrication d’essieux agro industriels et manutention, activité où nous sommes présents en France et en Chine.

  • Equipementier avec SONAMIA : fournitures de roues, pneumatiques et accessoires tant pour les constructeurs de machines agricoles, manutention, GC, TP,

    Loisirs que pour le remplacement (détaillant comme Point S, Siligom…).

  • Prestataire de Services que nous appelons “Groupe Sofrap” : vingt-quatre magasins principalement sous l’enseigne Point S sur les pays de Loire et la Bretagne (du Mans à Guérande et de Luçon à Mayenne) au sein desquels nous assurons la mécanique, l’entretien automobile et le pare-brise, mais aussi le suivi des flottes de Poids Lourds, les engins de TP, GC, Manutention, agricoles et une activité semi grossiste.

Cela fera bientôt quatre ans que vous êtes président de KerPro. De quelle façon assumez-vous cette responsabilité? 

Avec humilité : j’ai une lourde responsabilité vis-à-vis de nos équipes et leurs familles, des actionnaires qui m’ont fait confiance et de nos partenaires.

Avec enthousiasme et plaisir : c’est une chance de pouvoir apporter sa pierre et contribuer au développement d’une entreprise. C’est possible grâce au soutien de mon épouse et nos cinq enfants, par le travail des équipes avec qui nous partageons les valeurs de l’entreprise. Celles-ci s’articulent autour plusieurs piliers : le service client, l’esprit d’équipe, l’autonomie et la responsabilité, le sens de l’économie et de la gestion.

L’objectif est de poursuivre le développement de l’en

treprise pour la transmettre aux générations futures.

Quels sont vos difficultés et vos challenges ?

Les défis sont nombreux et évoluent en permanence dans un monde où l'incertitude est la règle. Nous devons nous adapter en permanence : 

  • Aux clients pour mieux les servir et nous distinguer de la concurrence. C’est le client qui nous fait vivre ! 

  • À la concurrence.

  • Au cadre normatif et réglementaire qui constitue pour les entreprises françaises une contrainte et des coûts dans un contexte d’ouverture des frontières (que ce soit avec nos cousins européens ou le reste du monde). Il nous oblige à être encore plus innovants pour assurer la pérennité de l’entreprise.

  • À l’instabilité juridique et réglementaire.

  • À l’évolution des mentalités (travailler l’esprit d’équipe et fédérer autour d’un projet commun quand la société encourage l’individualisme).

Comme vous le voyez, le monde de l’entreprise a l’avantage d’être varié et stimule vos capacités dans tous les domaines.

Le mot de la fin :

La vie nous offre des opportunités, il faut savoir les saisir et prendre des risques. Savoir rester humble. Nous sommes finalement qu’un maillon d’une chaîne, héritiers des générations qui nous ont précédés, grâce à qui nous sommes là, mais surtout usufruitier des générations futures vis-à-vis de qui nous sommes redevables par nos actions.

L’amicale peut-elle relayer ou diffuser un besoin ou un message ?

Nous recrutons dans de nombreux domaines : informatique, commerce, mécanicien, dépanneurs, comptabilité, paie, cariste, préparateurs de commande, soudeur, peintre industriel, tourneur, ingénieur Bureau Etude... en CDI ou en apprentissage. Si vous êtes intéressés ou connaissez des personnes intéressées, qu’elles n’hésitent pas à se faire connaître.

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