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Décollage immédiat avec Pablo Richard

Ghizlene Taleb, June 15, 202110 min
ÉtudiantsPromo 2015

La filière de l’aérospatiale combine aéronautique et astronautique en s’intéressant aux engins déployés dans l’espace. Ce secteur ne connaît pas la crise et offre de nombreux débouchés, notamment dans la région Midi-Pyrénées.

Le parcours scolaire :

Au lycée Saint-Stan, j'étais intéressé par tout mais la science dominait donc, naturellement, je suis parti en filière scientifique. Puis, à la fin du lycée, sans trop chercher, j'ai postulé pour des prépas parce que je voulais faire une école d'ingénieur. C'était à peu près la suite logique pour moi. J'ai postulé à des parisiennes et à des nantaises. Le niveau de la classe était excellent et n’a pas favorisé mon classement pour avoir Paris. J'ai eu Clémenceau et finalement ça s'est très bien passé parce que je suis resté à Nantes, j’étais bien entouré et j’ai passé 2 années très riches. 

Les deux années de classe préparatoire :

Il y a beaucoup de clichés sur la prépa et certains sont vrais : il faut quand même beaucoup travailler. Pour moi, c’était une période d’émulation. Avec mes camarades, il n'y avait vraiment pas de concurrence car on savait très bien que les places au concours n’allaient pas se jouer avec nos voisins ; on s'expliquait les exercices entre nous… C'était du concours mais positif dans le sens où on avait envie d'avoir une bonne note et de réussir sans écraser les autres. C’était une période très intense : on continuait à faire de la science mais aussi des langues. On apprenait à développer plusieurs qualités, du moins on essayait ! 

En fait, c'était un environnement fertile ou je me suis senti bien, j'étais dans la bonne dynamique et ça m'a poussé vers le haut. J'en suis reconnaissant. Quand toutes les forces sont alignées, ça ne peut que fonctionner. Après, j'ai réussi mon concours : il y a un facteur chance et un facteur volonté aussi.

Le concours de Polytechnique :

J'avoue que lorsqu’on est en prépa, on avance tête baissée et on voit les concours comme étant une fin en soi. C'est naturellement ce qu'il ne faut pas faire ! Au bout de 2 ans de prépa, j’ai passé les écrits puis les oraux de l’X. Être au tableau devant un prof pour résoudre un exercice de maths ou de physique : ça fait peur mais on s’est préparé pour ça ! 

On est beaucoup influencé par la réputation des écoles en classe préparatoire. Je voulais plutôt me spécialiser dans le spatial à priori. Une autre école qui était très intéressante pour ça : Supaéro ; mais en faisant Polytechnique, je ne me fermais pas vraiment de porte et pouvais l’intégrer après. 

Je savais que ce serait une super expérience, que j’aurais de très bons profs et aussi, l'aspect militaire m'intéressait. Tous ces facteurs réunis, sans me poser trop de questions, le choix a été rapide.

Le cursus en école d’ingénieur :

Une expérience formidable que j'ai pu faire à Polytechnique : le stage militaire, qui a lieu en première année. L'école a un statut militaire et ça commence par une première période de formation d'un mois, dans un camp militaire. Avec toute ta promo, on apprend à ramper dans la boue, à marcher au pas, à tirer… ça soude vraiment. Là, on a changé de référentiel et on ne nous jugeait pas sur la capacité à résoudre un exercice de mathématiques. C'était un vrai changement de paradigme et ça nous a ancré dans la réalité. On s’est rendu compte que tout ne se résumait pas à la capacité de réussir un examen. 

Après cette formation tous ensemble, on est partis en stage militaire dans différentes unités de l'armée française ou en stage civil. Moi, j'avais envie de m’engager dans l’armée parce que c’était une opportunité unique donc j'ai choisi le stage militaire. 

Après cette période de formation marquante, la promo se retrouve. On s'était vu pendant un mois, on est parti pendant 6 mois, puis on se réunit, avec plein d’histoires à partager.

Au fil des trimestres, on se spécialise : j'ai choisi d'aller dans le domaine spatial en troisième année. 

Polytechnique c’est sur 4 ans. Pour finaliser la quatrième année, il faut valider un diplôme dans une autre école. J’ai choisi Supaéro à Toulouse.

Le stage militaire :

Attiré par l'aérospatiale, j’ai opté pour l'armée de l'air. Ça a commencé par une formation d'officier pendant sept semaines puis je suis allé chez les commandos parachutistes pendant cinq mois. J'ai pu passer mon brevet de parachutiste, j'ai pu voler en avion de chasse, j'ai pu tirer avec plein d’armes… C'était une période initiatique, de découverte. C'était vraiment une expérience unique, une opportunité dingue de découvrir l’armée même si ce n'était pas toujours facile. 

Surtout qu’en arrivant, il y a un fort à priori sur notre statut parce qu’on est jeune et réputé pour être la tête dans les bouquins. C'est à chacun de prouver qu’on est pas que ça et qu’on en veut. L’armée apprend à être tenace, motivé, perspicace mais avant tout la cohésion. Ce ne sont pas des choses si différentes que celles apprises en prépa, mais dans un contexte différent. 

Le stage de fin de troisième année :

Je devais partir en Argentine mais avec le COVID, je n’ai pas pu. J’ai travaillé en France avec un chercheur sur la détection des exoplanètes qui sont les planètes en dehors du système solaire. C'était beaucoup de maths : essayer d'améliorer la détection quand il y a du bruit dans les observations. Cette expérience m'a donné le goût pour l'astrophysique. 

J'avais déjà eu des cours d’astrophysique, mais là c’était concret avec un côté mystique : travailler à partir d’observations de rayons lumineux qui ont pris plusieurs centaines d’années avant de parvenir dans des télescopes géants, calibrés et opérés avec minutie. Ces données sont précieuses, il faut les traiter avec soin !

La quatrième année :

J'ai continué à me spécialiser dans le spatial en intégrant Supaéro. Là, je suis en stage chez Airbus Defence and Space : c’est la partie d'Airbus qui s'occupe de la construction et de la gestion des satellites et qui travaille, notamment, avec l'armée française. De nombreux clients demandent de faire des photos de plein d'endroits différents. Il faut donc gérer l'emploi du temps des satellites qui observent la Terre. Il y a beaucoup de mathématiques et d’informatique derrière tout ça et c’est là que j’interviens.

La poursuite d’études :

Ça vient de se confirmer. Je vais partir en thèse. Je suis très content. La thèse sera orientée sur l'astrophysique et la science des données : comment traiter les observations, comment les représenter, les comparer aux simulations… 

Tout ça dans le but d’affiner et de remettre en question notre connaissance actuelle des lois qui régissent l'Univers, rien que ça!.

La genèse de cette passion pour l’aérospatiale :

L’aérospatiale, je suis tombé dedans quand j’étais petit avec mon père qui a fait une formation de pilote de ligne et qui était passionné d'aviation. 

J'ai eu cette chance d’avoir un télescope et de pouvoir observer la Lune. C'était un rêve de travailler sur des satellites et sur des missions d’observation de la Terre et de l'Univers. 

Par conséquent, j’ai toujours eu un fort attrait pour la science, et spécialement pour les sciences de l'Univers et l’astrophysique. 

Après, j'ai eu la chance de pouvoir mener des expériences en lien avec ce domaine, ce qui renforçait mon souhait d’y travailler.

Les ambitions professionnelles :

Je reste très ouvert à tout ce qui se présentera à moi, c'est sûr. Mon idée est de devenir ingénieur en recherche et développement dans le spatial, plutôt en entreprise. 

J’ai envie dans un premier temps de continuer à faire de la science et mettre en application les connaissances que j'ai apprises. D’un point de vue scientifique, ça me tient à cœur.

Les sources de motivation :

J'ai l'avantage de pouvoir travailler à chaque fois dans un domaine qui me passionne.

Quand j'étais en prépa, je faisais de la science et j'adorais ce que j'apprenais. Ça aide à persévérer dans les moments difficiles. Quand ça devient un jeu et une passion, c’est une force. Le sujet en soi est une motivation. 

Et après, il y a aussi l'envie d'apprendre. Je ne suis pas spécialement compétitif vis-à-vis des autres mais avec moi-même. Je veux me surpasser et me challenger.

Un conseil pour les lecteurs :

Croire en soi et rester curieux, je pense que c'est très important !

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