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Histoire

Le mur murant St Stan rend le quartier murmurant

Dans les années soixante, après la fermeture puis la destruction du théâtre, il fut question d’utiliser le terrain libéré en parking et en plateau sportif. Mais il fallait rattraper la déclivité, toujours ce problème d’être à flanc de coteau, il y a près de quatorze mètres de dénivelé entre le plus haut à toucher les Archives Départementales, et le plus bas, l’entrée de la Résidence rue Adolphe Moitié. Entre le plateau et la rue de la Distillerie à ce niveau, il y a environ cinq mètres.

Le mur de l’époque le long de la chapelle rue de la Distillerie était vétuste et inadapté. Un jour une portion s’écroula. Hâtivement, l’économe de l’époque, fit déblayer, il craignait qu’un clochard ne fût enseveli sous les gravats. Mais pour réparer, il n’y avait pas d’argent. Comment faire ? Le directeur du moment, utilisa un argument captieux pour arriver à ses fins. Il n’y avait à l’époque pas d’ascenseur à St Stan, et un vieil abbé avait de plus en plus de mal à monter les quatre étages pour aller des salles de cours et de la salle à manger jusqu’à sa petite chambre du quatrième.

Le futur chanoine lui fit miroiter que son petit héritage serait bienvenu pour installer un ascenseur à la place du monte-charge. Confiant, notre saint homme offrit une somme rondelette, et attendit. Malheureusement le mur Distillerie nécessita les urgents travaux cités plus haut qui engloutirent le pécule du bon abbé ! Il dut donc continuer à gravir les marches en soufflant, et sans doute en pestant, conscient d’avoir été joué ; mais le pardon des offenses est une vertu chrétienne…..Plus tard, dans les années soixante-dix, un ascenseur fut installé dans l’emplacement prévu ; encore une fois, louons la sagacité de nos prédécesseurs d’avoir ménagé sans y penser ce recoin.

Cependant, le mur, construit selon les normes de l’époque,  n’était peut-être pas fait pour jouer à la fois le rôle de mur de clôture et de soutènement. Cependant il tint vaillamment le choc pendant plus de quarante ans. Des peupliers sur le plateau sportif, en grandissant, avec leurs racines et leur prise au vent, commencèrent à mettre l’ouvrage en danger. Il fallut les abattre. Et par précaution, on installa en 2013 des témoins pour mesurer si les plaques du mur ne bougeaient pas plus, là où déjà des signes inquiétants de faiblesse avaient été repérés.

En juin 2017, les témoins ne bougeaient pas ! Quinze jours plus tard, notre Amicale avait réunion de bureau dans son local. Comme les vacances étaient commencées, nous avons apprécié le calme des lieux en plein centre-ville. Calme trompeur, précédant la tempête ! Le lendemain dimanche soir 9 juillet un orage épouvantable, qui transforma la place du Commerce en Venise d’aqua alta, et noya le pont de la Moutonnerie s’abattit sur Nantes. La boue venant du plateau envahit tout le rez-de-chaussée du grand bâtiment de St Stan, cuisines et réfectoires, les classes sur la cour du bâtiment Jules Verne, inonda venant du toit des plafonds tout neufs, endommageant des vidéoprojecteurs juste installés, et surtout, provoqua la chute de deux plaques du mur sur le trottoir et sur une malheureuse Dacia qui avait la malchance d’être garée là, sous les yeux incrédules de son propriétaire qui attendait sous le porche en face que le déluge se calme !

Par miracle donc il n’y eut pas de blessés, mais il s’en fallut de peu. Ironie, ce n’est pas l’endroit surveillé par les témoins qui a cédé sous la pression de la terre et de l’eau, mais les plaques juste à côté…

Après bien des tergiversations avec l’assurance, et on louera la patience de la Ville, qui a bien joué son rôle de partenaire, alors qu’elle avait installé les barrières, les palissades, supporté la gêne de l’espace public et du stationnement, les travaux commencèrent au début de l’année, et se poursuivirent pendant le confinement. On décaissa le talus, on refit de solides fondations, avec des évacuations en sous-sol, on remonta des plaques qui portent en bas des barbacanes pour évacuer l’eau d’infiltration, on supprima quelques arbres, on diminua d’un mètre le talus au ras du mur là-haut, sur toute la longueur non refaite, avec pose d’un épais lit de graviers facilitant le drainage.

On peut espérer que cette partie utilitaire de notre beau patrimoine défiera les ans. L’orage de la nuit du 19 septembre dernier a permis de voir que les évacuations fonctionnent parfaitement! Les bruits les plus invraisemblables ont couru dans le voisinage, pendant les travaux, des échos sont parvenus jusqu’à nous : construction d’une résidence, ou de classes, voire d’un Ehpad, avec un parking donnant sur la rue, payant bien sûr, ou-et, tant qu’on y est une piscine pour les élèves… On dit que dans toute légende il y a un fond de vérité…. On verra bien ce que l’avenir réservera !

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